
Discours de Franck Pupunat - samedi 15 novembre - après midi
C’est avec un immense plaisir qu’au nom de la motion F, la motion du mouvement Utopia, la motion socialiste, altermondialiste, écologiste, que je prends la parole devant vous aujourd’hui.
Je débuterai cette intervention de façon inhabituelle par une citation d’André Gorz, le fameux philosophe avec qui on a travaillé pendant plusieurs années et il a écrit une préface dans notre livre, Le Manifeste Utopia, qu’il a publié quelques semaines avant sa mort en septembre 2007. Il disait :
« La sortie du capitalisme a déjà commencé. La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle, elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système mort-vivant qui se survit en masquant, par des subterfuges, la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur et le capital. L’imaginaire marchand et le règne de la marchandise empêchent d’imaginer une quelconque possibilité de sortir du capitalisme et empêchent par conséquent de vouloir en sortir. Aussi longtemps que nous resterons prisonniers de l’imaginaire salarial et marchand, l’anticapitalisme et la référence à une société au-delà du capitalisme resteront abstraitement utopiques et les luttes sociales contre les politiques du capital resteront des luttes défensives qui, dans le meilleur des cas, pourront freiner un temps mais non pas empêcher la détérioration des conditions de vie. La sortie du capitalisme a déjà commencé sans être voulue encore consciemment. »
Et il termine en disant :
« La question porte seulement sur la forme qu’elle va prendre et la cadence à laquelle elle va s’opérer.»
Ce passage, pour nous, est un passage fondamental puisqu’il appelle à un dépassement du système. Cette critique nous amène à combattre et à dénoncer frontalement trois aliénations inhérentes au système capitaliste et dans lesquelles sont enfermés la plupart de nos dirigeants socialistes.